Tableau 13

J’ai pleuré en le faisant parce que je pensais à toutes les mamans qui avaient perdu un enfant. Quand je coupais les tesselles, je pensais à la douleur de la séparation quand les enfants sont loin. Je pensais aux parents dont les enfants sont partis faire le djihad en Syrie.

Pourtant, je ne voulais pas que ce tableau soit triste car nous sommes tous appelés à traverser nos épreuves, quelles qu’elles soient, en se concentrant sur l’amour que l’on donne et celui que l’on reçoit. Donc le décor devait être riche et coloré pour aider à trouver la beauté dans la souffrance, car la souffrance nous apprend toujours quelque chose de nous-mêmes. C’était aussi une manière de renvoyer au tableau n° 8 « Jésus et les femmes de Jérusalem (rappel de Jérusalem avec les losanges bordeaux et rouges).

Ce tableau parle de l’abandon à ce qui est et en même temps reflète une grande force d’amour. Il parle du silence. On ne sait pas qui soutient qui. Il y a une espèce d’équilibre qui s’instaure, une mise en apesanteur de la scène.

Marie est toute petite et toute frêle. Elle semble disparaître derrière le corps inerte de son fils, mais elle arrive à le porter à bouts de bras (elle soutient d’une main la tête de Jésus, tandis que l’autre main retient le bras de Jésus. Elle porte son enfant comme au temps de sa naissance. Ainsi le chemin de croix ramène l’être à ses origines (naissance/mort). Marie en est témoin. Elle a les yeux fermés pour signifier qu’elle partage la mort de son fils.

Le voile de Marie porte les couleurs du supplice (la croix). C’est comme si la croix habillait son âme, qu’elle portait désormais l’humanité à la suite de son fils. Il est entouré de la couleur rouge et jaune de l’auréole de son fils qui lui confère la sainteté.

Les mains de Marie m’ont donné du fil à retordre à cause des petits morceaux qu’il fallait couper d’une manière précise. On entre dans la dimension de la micro mosaïque où la pince à épiler est nécessaire pour attraper convenablement les petits bouts de tesselle.

.Jésus repose sur sa mère. Il est représenté plus grand et plus imposant qu’elle (tête deux fois plus grosse et corps deux fois plus large). Sa mort prend toute la place. Mais également le regard d’amour de sa mère : dans son cœur, son fils prend toute la place. Les tesselles du corps de Jésus sont alignés, signe d’unité. Il n’y a plus de souffrance.

La position de Jésus et Marie forme un cœur, comme dans le tableau n°8 des femmes de Jérusalem. La compassion est signifiée au premier plan comme étant au cœur de la foi.

La croix a changé totalement d’aspect. Elle semble servir de décor dans le tableau (de même que les losanges bordeaux et oranges et les pavés parsemés de feuilles des Rameaux) pour suggérer l’Église qui témoigne. Elle est représentée comme une entité en deux parties qui traverse tout le tableau :

– Une partie noire à droite avec des tesselles posées sous la forme de cassons pour signifier la mort et le péché des hommes.

– Une partie de lignes jaunes à gauche pour signifier la lumière divine qui se répand partout, sur la terre et au ciel, prémisse de la Résurrection.

Le noir prédomine pour signifier le deuil et aussi la prédominance du péché mais que la lumière parviendra à grignoter peu à peu.

 

 

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