Tableau 10

Je regarde le tableau du Père Rupnik avec beaucoup d’émotion. Il est plein d’humilité et d’abnégation. Je me demande comment je vais rendre cette émotion.

Les yeux de Jésus doivent être grands ouverts sur ce qu’il a à vivre, mais aussi, en même temps absorbés par autre chose. On ne sait pas ce qu’il regarde vraiment.

La tête légèrement penchée veut signifier l’humilité. Dans un premier temps, je la penche tellement (par rapport à la longueur du cou) qu’on dirait que le personnage a un torticolis ! Je dois reprendre la courbure pour la rendre très discrète. Ce n’est pas le cou qui doit être penché mais son visage qui doit s’amincir vers la barbe pour donner cette expression. On retrouve le Jésus du tableau 2 avec son port altier.

Tout le corps de Jésus est détendu (lignes lisses) pour donner une sensation de lâcher-prise et de sérénité. Seules les tâches rouges sur le buste rappellent la souffrance et la violence des faits. Elles sont au nombre de 5 en référence aux 5 plaies du Christ : au nombre de quatre sur le corps (pour rappeler les clous aux pieds et aux mains) et une au visage, sur le front, pour rappeler la plaie sur le flanc droit faite par un centurion pour vérifier la mort de Jésus (Jn 19, 32-34). Elles symbolisent l’humanité de Jésus.

La couronne d’épines est très visible sur la version du Père Marko. Je la préfère plus discrète, se mêlant à la couleur des cheveux.

Concernant le décor, je l’ai voulu riche en couleur pour contraster avec le dépouillement et la nudité de Jésus représenté par des tesselles blanches (pureté) et beige (péché des hommes) .
Les losanges bordeaux et oranges signifiant Jérusalem ne sont pas de la même hauteur d’un côté ou de l’autre de Jésus. C’est un peu comme si je signifiais la chute de Jérusalem à venir dans la partie gauche du tableau. J’ai voulu aussi souligner que Jésus, mis au pied du mur de sa destinée, porte en lui la Jérusalem céleste ou nouvelle Jérusalem, décrit dans le Livre de l’Apocalypse attribué à Jean l’évangéliste, tabernacle de Dieu. Jésus est celui par qui tout s’accomplit.

La croix est présente en haut à droite comme si elle attendait le supplicié. Elle apparaît comme un rappel que tout n’est pas fini, que Jésus n’est pas au bout de ses peines, ni de ses souffrances. Il sait qu’il lui reste à donner sa vie après avoir donné ses vêtements, sa parole, sa famille, sa notoriété, sa dignité et aussi… son pardon (« Père, pardonne-leur : ils ne savent pas ce qu’ils font » Lc 23, 33-34)

Les feuilles des Rameaux sont réunies en forme de couronne pour la dernière fois avant la mise au tombeau, mais en même temps éparpillées sur les pavés gris pour signifier que la tension persiste tout autour de Jésus, mais qu’elle ne l’atteint pas. Elle n’est constituée qu’en partie, car Jésus doit traverser la mort pour renaître à la vie. J’ai voulu ainsi annoncer un message d’espérance en avance. Jésus va mourir mais pas que…

Le ciel reste en mouvement en contraste avec l’inertie du personnage.

Dans ce tableau, Jésus est couronné trois fois :

– la couronne d’épines, Sainte Couronne ou couronne du Christ, symbole de la Passion du Christ, mais aussi objet de moquerie et de torture de la part des romains (« Alors Pilate prit Jésus et le fit battre de verges. Les soldats tressèrent une couronne d’épines qu’ils posèrent sur sa tête, et ils le revêtirent d’un manteau de pourpre » Jn, 19, 1-2)

– l’auréole, l’anneau de lumière symbolisant la sainteté de Jésus

– la couronne de feuilles des Rameaux, symbolisant l’entrée dans la gloire de Jésus

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